Théâtre 95

laurentgaudé

Festival Les Contemporaines – Laurent Gaudé

vendredi 6 mars

à 15 h 00 Onysos le furieux 
à 20 h 30 Médée Kali

samedi 7 mars

à 15 h 00 Lecture-dédicace par Laurent Gaudé 
à 17 h 00 Présentation des travaux de l’atelier Les Contemporaines dirigé par Thierry Le Gall 
à 19 h 00 Onysos le furieux
à 21 h 00 Dîner-débat avec Laurent Gaudé 

 

Avec deux spectacles et deux rencontres, le Théâtre 95 est heureux d’offrir à son public la possibilité de découvrir l’œuvre et la personne de Laurent Gaudé, écrivain prix Goncourt et dramaturge de tout premier plan. Nous poursuivons ainsi notre mission de soutien et de promotion des auteurs contemporains, mission qui est aussi l’une de nos raisons d’être et notre identité. Laurent Gaudé a bien voulu répondre à la traditionnelle question: «Pourquoi écrivez-vous?»: 

J’écris pour ne pas me laisser en paix. Parce que ne pas écrire serait un renoncement. Une paresse de l’esprit et du désir. L’homme que je serais alors me semblerait défait et repus. J’écris car cela me force.

J’écris pour avoir des milliers d’années, connaître des foules de sentiments contradictoires. J’écris pour vivre sous des paysages étranges, à des époques passées. Pour plonger dans des vies qui me sont étrangères et être solidaires de frères éloignés. Je suis vieux. Je suis jeune. J’ai traversé des deuils et des batailles. J’ai connu d’immenses plaisirs. Je suis une femme. Une mère. Un voyageur égaré. J’écris pour embrasser cette foule d’hommes que je convoque en mon esprit et que je fais camarades de pensée.

J’écris pour donner à voir le monde qui me hante. Un monde qui se construit au fil des lectures, au gré des rencontres, un monde imprégné de mes peurs, de mes voyages, de mes fantasmes. J’écris car je sens, la nuit, que cela grouille en moi.

J’écris pour offrir l’hospitalité. Mes textes de théâtre attendent qu’on s’empare d’eux. Ils sont comme des pièces vides qui rêvent d’être habitées. Je les ai élaborés en pensant que d’autres viendront y séjourner : des metteurs en scène, des comédiens, des spectateurs. Chacun aménagera ces espaces à sa dimension. J’écris pour être habité.

De toutes ces raisons, je ne sais laquelle est décisive et laquelle accessoire. Il y en a mille autres encore. J’écris parce que j’ai peur. Parce que j’aime travailler la nuit. Parce que j’ai hâte de textes à venir. J’écris par pur plaisir. 

Laurent Gaudé

 

 

Laurent Gaudé

Né en 1972, il vit à Paris. Après le baccalauréat, il fait des études de Lettres modernes, jusqu’à la préparation d’une thèse en Études théâtrales. Passionné de théâtre, il décide de se consacrer à l’écriture.

En 1997, sa pièce Onysos le furieux est publiée par Théâtre Ouvert. Elle y est mise en voix par Hubert Gignoux, puis mise en scène au Théâtre national de Strasbourg par Yannis Kokkos en 2000.

En 1999 il publie Combats de possédés ; traduite en allemand, la pièce est jouée à Essen dans une mise en scène de Jürgen Bosse, puis elle est montée en français par Patrick Sueur à Château-Gontier.

En 2001, Michel Favory met en scène Pluie de cendres (Éditions Théâtre Ouvert) au Studio de la Comédie-Française, puis Cendres sur les mains est créée par Jean-Marc Bourg à la Chartreuse de Villeneuve-Lès-Avignon durant le Festival 2001 (le spectacle est repris en 2002 à Théâtre Ouvert et au Théâtre des Treize-Vents à Montpellier).
Au Théâtre du Rond-Point, Philippe Calvario met en scène Médée Kali à l’automne 2003, et Jean-Louis Martinelli présente Les Sacrifiées au Théâtre Nanterre-Amandiers en 2004.
Pour le théâtre, Laurent Gaudé a également écrit Le Tigre bleu de l’Euphrate, Salina, Sofia Douleur, Sodome, ma douce, Mille orphelins, Caillasses
Il a par ailleurs publié plusieurs romans: Cris (2001), La Mort du roi Tsongor (Prix Goncourt des lycéens 2002, Prix des libraires 2003), Le Soleil des Scorta (Prix Goncourt 2004), Eldorado (2006), La Porte des Enfers (2008), Ouragan (2010), Pour seul cortège (2012) et plusieurs recueils de nouvelles ainsi que des récits pour la jeunesse.
Ses œuvres sont presque toutes parues aux éditions Actes Sud.