Théâtre 95

ravel

Ravel

de Jean Echenoz
mise en scène d’Anne-Marie Lazarini 

mercredi 4 décembre à 20 h 30
jeudi 5 décembre à 19 h
vendredi 6 décembre à 20 h 30 

Ravel retrace les dix dernières années de la vie du compositeur français Maurice Ravel (1875-1937), « le musicien le plus considéré du monde ». 

Nourri d’un long travail de documentation sur l’homme et son époque, Jean Echenoz nous entraîne à la suite de son Ravel imaginaire et réel à la fois, dans sa « petite maison compliquée » à Mont- fort-l’Amaury avec sa vue sur la vallée, dans sa tournée grandiose aux États- Unis, puis dans les affres de la maladie neurologique qui le frappe et l’emportera… Une star mondiale mais aussi un homme solitaire malgré la présence de ses fidèles amis proches.

 

avec Coco Felgeirolles, Michel Ouimet, Marc Schapira et, en alternance, Andy Emler et Yvan Robilliard

assistant à la mise en scène Bruno Andrieux
musique originale Andy Emler
décors et lumière François Cabanat
costumes Dominique Bourde
avec la collaboration de Sophie Heurlin et Henri Lazarini

création Les Athévains / coproduction La Compa- gnie aime l’air
Le livre de Jean Echenoz est publié par les éditions de Minuit.

 

En savoir plus

Cette fiction biographique ouvre un triptyque qu’Echenoz a dédié à trois figures historiques, les deux autres, Cou- rir (2008) et Des éclairs (2010), étant consacrées respectivement au sportif Émile Zatopek et au scientifique Nikola Tesla. Si ces incursions dans la « vraie vie » sont liées à un désir d’écrire sur une autre époque que la sienne, Jean Echenoz avait d’abord pensé inviter le personnage Ravel dans une fiction, avec d’autres figures de son temps, mais peu à peu, cette fiction s’est transformée en la biographie roman- cée du célèbre compositeur.

Malgré « toutes les ressemblances avec un personnage ayant existé » et l’incroyable précision avec laquelle Jean Echenoz s’empare de données biographiques, de détails scrupuleusement nommés, em- pruntés à sa vie quotidienne comme à l’actualité navale, Ravel reste un roman, et Ravel, un personnage de fiction. Autour de cet homme et de son destin, Jean Echenoz compose, improvise, sur un fil tendu entre réalité historique et liberté littéraire. Maître du rythme, il joue du défilé de ces années, tantôt en s’attardant à la description particulière d’une journée ou d’une heure, tantôt en précipitant son personnage vers sa fin. Et cela avec la précision d’un orfèvre. Anne-Marie Lazarini donne à voir et entendre, non une adaptation théâtrale, mais le roman même de Jean Echenoz. Avec une grande intelligence et tout son talent, elle nous offre à entendre la partition littéraire si particulière de Jean Echenoz, le rythme et le son inimitables de Maurice Ravel, la musique originale et le phrasé ravélien du jazz d’Andy Emler. Avec une mise en scène subtile et des comédiens épris du personnage et de son auteur, la pièce nous invite à entrer dans l’utopie chimérique d’un spectacle littéraire, musical et théâtral.

 

Interview d'Anne-Marie Lazarini

«J’ai lu Ravel quelques jours après sa publication et je crois que le projet d’aujourd’hui s’est dessiné dès que j’en ai eu parcouru les premières pages… quelques saisons plus tard, après avoir partagé mes sentiments de lectrice avec mes compagnons de route, imaginé avec eux une forme de représenta- tion possible, le travail avance, ponctué de rencontres avec Jean Echenoz…

Trois comédiens et… un pianiste, car il y a aussi la musique qui est au cœur du texte et que nous souhaitons présente et vivante. Celle de Ravel, bien sûr, mais pas seulement : pour la musique de scène, un compositeur d’aujourd’hui, Andy Emler, imprégné de cet univers musical et litté- raire, a créé une partition nouvelle. Car, si Jean Echenoz est un grand amateur de jazz, Ravel y prêtait une oreille très attentive et les jazzmen d’aujourd’hui la lui rendent bien.»

Interview d'Andy Emler

« Cette partition explore (explose !) librement le langage ravélien et ses couleurs, joue avec lui, un peu à la manière des ar- tistes cubistes. Pour nombre de composi- teurs de jazz, la musique de Ravel est une compagne de route mais chacun la réin- vente sans cesse. En écho à certains des extraits ou thèmes choisis dans l’œuvre du compositeur, j’écris des « suites » libres à travers lesquelles se retrouvera mon « phrasé » particulier. Mais je souhaitais aussi renouer avec une pratique familière à Maurice Ravel : celle de composer « à la manière de…». Il l’a fait en son temps, rappelons-nous ses compositions à la ma- nière de Chabrier, de Borodine. »

La presse en parle...

AVT_Telerama_6680Anne-Marie Lazarini réussit admirablement cette adaptation tout ensemble abstraite et sensuelle de son Ravel, dans une délicate mise en scène aux oniriques décors bleus. La vie est un rêve.

Fabienne Pascaud, Télérama

 

LOGO_FIGAROSCOPEAnne-Marie Lazarini orchestre avec délicatesse cette touchante partition aux lueurs d’océan… et la musique est aussi celle de Jean Echenoz.

Armelle Héliot, Figaroscope