Théâtre 95

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Port d’attache

CHOREGRAPHIE DE FREDERIC COSTALLAT
TEXTE/SLAM DE DJAFAR LAKROUZ
COLLABORATION DRAMATURGIQUE DE JOEL DRAGUTIN

Compagnie Black Bakara

jeudi 24 mars à 14h30 et 20h30, vendredi 25 mars à 20h30

 

Frédéric Costallat, danseur et chorégraphe en résidence à « Visages du monde » à Cergy depuis la saison dernière, explore un univers qui lui est cher : celui de l’exil.

Après Exilé, il créera au Théâtre 95 Port d’attache, second volet d’un triptyque qui intègrera aux parties dansées des textes, et notamment du slam… Comme il l’avait fait il y a deux ans avec la compagnie cergyssoise Pro Phenomen, Joël Dragutin collaborera quant à lui à la dramaturgie. La démarche très personnelle d’un jeune chorégraphe à découvrir…

Port d'attache-couleur

Chorégraphe : Frédéric COSTALLAT

Collaboration dramaturgique : Joel DRAGUTIN

Danseurs Cie Black Bakara : Frédéric COSTALLAT, Assan Beyeck RIFOE, Alexia BROSSARD, Magali MALIN, Julie DEFRETIN

Directrice de Production : Rita BEUCHET

Assistante : Sophie-Raba PARIS

Diffusion/Administration : Justine ABDI & Daniel ROULAND

Régisseur : Arnaud BOUVET

Compositeur : Mehdi DJEBBARI

Réalisateur : Adlane ABBIOUI

Graphistes : Mathieu JUMELET

Scénographie : Sébastien LAMY

Texte : Djafar LAKROUZ & Frédéric COSTALLAT

Costumes : Christiane RIPON

Production : Cie Black Bakara & Fiva Production

Coproduction : Théâtre 95

Partenaires : Association Danse & Vie, visages du monde, ville de Cergy

Photos : Sébastien LAMY et Clara DUPONT

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En savoir plus

Cette pièce parle de la déchirure qu’est l’exil, de ce long voyage, des arrivées parfois chaotiques qu’ont vécues nos ainés contraints de s’expatrier, et enfin du silence dans lequel ils se sont murés pour s’intégrer… être le plus discret possible dans le but de donner une chance à leur enfants de réussir.

Qu’on soit pied noir, d’Irlande, d’Afrique ou d’ici, cette histoire est la même à toutes les époques.

A travers l’histoire d’une famille, Frédéric Costallat souhaite raconter les souffrances de celles et ceux qui se retrouvent aux frontières, arrivés par bateau ou par d’autres moyens, ne connaissant pas, ou peu, nos coutumes face à une administration implacable et sourde aux tristesses qui ont poussées tant d’êtres à fuir leur(s) terre(s) ; partis la peur au ventre, pour cet ailleurs plein de promesse.

Cette pièce veut donner la parole à ceux qui n’ont jamais rien dit, pour mieux se fondre dans la masse, pour faire de la France leur « Port d’Attache ».

Frédéric Costallat

Après une formation au CNR de Lyon en classique et contemporain, Frédéric Costallat travaille ensuite avec les chorégraphes Abou Lagraa et Denis Plassard.

La création chorégraphique commence pour lui dès 2005 avec son premier projet intitulé Gospel. Peu après, en résidence à Lyon, il créera trois pièces chorégraphiques qui lui permettront d’affirmer son propre langage chorégraphique : Élégance, Lettre d’amour et (Petite) Danse entre Amis.

Alliant la sensualité, l’esthétique à une certaine vitalité, ses créations entre 2009 et 2012 Nuit d’Orient et Dolce Vita marieront le jazz à la danse classique, à la danse contemporaine également.

En 2010, il crée la compagnie de danse Black Bakara. Actuellement en résidence à Visages du Monde, il développe la construction de sa propre identité chorégraphique en explorant l’univers de l’exil.

Note d'intention de Frédéric Costallat

C’est un paquet de vieilles photos jaunies, enfoui dans une malle que toute la famille voulait croire perdue depuis 23 ans.

Un cousin a immortalisé sur pellicule les derniers moments d’insouciances de mes parents  à Kinshasa,

En cette fin de juillet 1992, mes parents espèrent encore pouvoir rester là, alors la famille  sourit, on fait bonne  figure.

Ils refusent encore l’idée de devoir tout abandonner, là, dans cette ville, dans ce pays, où mon père a trouvé refuge à 18 ans en fuyant la France.

Mais, le retour en France sera inévitable, cruel et brutal; la France, un pays, à la fois inconnu pour nous, et pourtant faisant bien partie de notre histoire….

A l’arrivée, on nous a pris pour des privilégiés, et parfois mal acceptés.

Alors pour nous protéger, nos parents se sont murés dans le silence, pour se fondre, s’intégrer…

Le rideau est tombé sur la vie là-bas et pendant 23 ans ils ne parleront presque plus du Zaïre.

Cette pièce ouvre enfin ce rideau, leur donne de nouveau la parole, et nous aide à renouer avec notre famille restée sur place, et à retisser les liens brisés par cet exil forcé.

C’est l’histoire d’une blessure, celle d’une famille parmi tant d’autres contrainte de quitter un pays pour un autre, afin d’avoir une chance de vivre, et qui fait de la France son port d’attache.

C’est l’histoire de tous les déracinés !

Frédéric Costallat