Théâtre 95

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Natural Beauty Museum

TEXTE ET MISE EN SCÈNE DE ÉLÉONORE WEBER ET PATRICIA ALLIO

mardi 16 décembre à 20 h 30 et mercredi 17 décembre à 20 h 30 

Durée : 1h30

Natural Beauty Museum met en scène la visite d’un musée d’anticipation. Les visiteurs de ce musée sont projetés dans un monde où les émotions suscitées par la beauté de la nature auraient progressivement remplacé l’art. 

avec Didier Galas, Ouiza Ouyed, Dragomir Covaci
scénographie Estelle Gautier / costumes Laure Mahéo / lumière Emmanuel Valette / son et images Felix

Spectacle en création au Centre Pompidou du 19 au 22 novembre 2014 dans le cadre du Festival d’Automne
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Production : Compagnie Allio & Weber
Coproductions : Le Festival d’Automne, Le Centre Pompidou, Le Parc de la Villette, Théâtre 95 – Cergy Pontoise, La Filature – Scène Nationale de Mulhouse, La Halle aux Grains – Scène Nationale de Blois, MA scène nationale – Pays de Montbéliard, Le Moulin du Roc – Scène Nationale de Niort.
Avec l’aide à la création du Ministère de la Culture – DRAC Ile-de-France
Avec le soutien de : Scène Nationale 61 – Alençon Flers Mortagne
Soutien en résidence : Le CENTQUATRE-PARIS, Montevideo à Marseille, Le Centre Pompidou de Metz
En partenariat avec : Bubble Tree / Pierre Stéphane Dumas

En savoir plus

Pour une part, ce musée serait donc l’aboutissement d’une logique de démocratisation culturelle. Désormais, nul besoin de s’épuiser à convaincre les gens d’apprécier telle ou telle œuvre d’art : le paysage est là, qui suscite des émotions à la fois accessibles et partageables. Deux acteurs/visiteurs quelque peu ébahis sont projetés dans une des salles du musée un peu vide et qui s’apparente à un laboratoire d’esthétique. Située dans un futur proche, cette extrême valorisation de la beauté naturelle tiendrait également à l’omniprésente mélancolie d’une nature perdue, à laquelle les gens auraient le sentiment de ne plus avoir accès depuis longtemps. Ce point de départ met en forme l’une de nos inquiétudes : l’hypothèse d’un monde où la croyance dans un ordre naturel finirait par prévaloir sur l’art et le politique. Monde paradoxal, puisqu’il n’aurait pourtant jamais cessé de mettre en péril cette nature-à-préserver. Ainsi ce musée imaginaire est-il une traversée sensible et critique de notre sentiment du beau et de la nature. C’est un exercice du regard, qui propose au spectateur des expériences de perception. Il n’ignore pas l’ambivalence de la beauté, qui se mêle à la barbarie au moins autant qu’elle promet de nous en extirper. Il confronte notre sens esthétique à notre sens moral, en interrogeant notre goût du sublime et notre quête du grandiose. Par glissements successifs, il se fait aussi machine idéologique. Et l’amour de la nature, avec la dimension édénique qui le caractérise, s’y transforme alors en émotion plus inquiétante.

Eléonore Weber et Patricia Allo

Toutes deux autrices et metteuses en scène, elles travaillent ensemble depuis 2008, année où elles écrivent un manifeste «Symptôme et proposition», dans lequel elles se donnent pour tâche d’investir des renversements normatifs et des impensés de notre époque. Proches du théâtre documentaire, elles écrivent et élaborent leurs matériaux, prélèvent des échantillons du réel et conçoivent des dispositifs qui mettent en crise la place du spectateur et la nature de la représentation. Cette démarche les conduit à aborder certains cas ou expériences limites, comme l’amputation volontaire et le télémarketing humanitaire dans leur pièce Un inconvénient mineur sur l’échelle des valeurs, ou la Caminata Nocturna, jeu de rôle mexicain où de vrais migrants jouent à la police des frontières américaine et proposent à des touristes de se mettre dans la peau de clandestins, dans leur seconde pièce Primer Mundo. Dans leurs créations, elles s’attachent à renverser nos perceptions normatives, et font en sorte que ce qui peut apparaître à première vue comme un symptôme soit finalement perçu comme une proposition, c’est-à-dire une invention.

La presse en parle

« Philosophes de formation, les deux auteures et metteuses en scène s’emparent de « symptômes » de la société – la question migratoire, par exemple – afin de produire une pensée, et aussi des formes scéniques. Leur prochaine création, Natural Beauty Museum, interroge la fascination des individus pour la contemplation de la nature. »

Clarisse Fabre
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« Allio-Weber aime se confronter (et nous confronter par la même occasion) au non-consensuel, aux aspérités de notre époque, à ses marginaux, à ses recoins obscurs… »

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« (…)D’une philosophie de la réalité à des enjeux politiques, la pièce se déploie comme les branches d’un arbre : dans plusieurs directions. Le spectateur est incité à réfléchir.(..) »

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Et si les émotions suscitées par la nature remplaçaient l’art ? A partir  de cette hypothèse, Patricia Allio et Eléonore Weber ont imaginé le Natural Beauty Museum. Un musée d’anticipation où le paysage suggère des sentiments, réveille la nostalgie du beau et de la nature à laquelle nous n’aurions plus accès. Le Natural Beauty Museum est un exercice du regard, un dispositif qui interroge le spectateur sur sa place dans le monde, son sens de l’esthétique et sa quête du divin.
Thierry Voisin
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Le spectacle, par ses images, ses témoignages et par l’intrusion continue de la poésie, revient sur des notions clés qui permettent au spectateur de mieux comprendre la nature de son regard, en particulier sur la notion d’oeuvre, et interroge ses a priori esthétiques. Une réflexion pertinente et intelligemment menée, qui réussit à remettre en cause certains discours normatifs.
Sarah Hamidou

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