Théâtre 95

marietudor

Marie Tudor

de Victor Hugo
mise en scène groupe LA gALERIE

 

mardi 27 et mercredi 28 mai à 20h30

 

Marie Tudor, reine d’Angleterre malade et vieillissante, s’entiche du jeune et séduisant Fabiano Fabiani, un aventurier sans scrupules. Elle lui offre une fortune, des titres et lui ouvre son lit. Mais elle doit épouser le roi d’Espagne, qui a envoyé son ambassadeur Simon Renard pour organiser le mariage. Quand il s’aperçoit que la reine a un favori, il va comploter pour éliminer Fabiani. Le hasard lui fait alors rencontrer Gilbert, ouvrier ciseleur à la cour d’Angleterre, fou de douleur parce que Jane, sa fiancée, s’est laissée séduire par Fabiani. Renard va utiliser Gilbert et son désir de vengeance pour organiser l’assassinat du jeune aventurier. Lorsqu’elle apprend la trahison de son amant, Marie Tudor accepte d’entrer dans le complot, avant de tout tenter pour le sauver finalement…

Dans Marie Tudor, le drame amoureux se superpose à la tragédie où le véritable enjeu est la prise de pouvoir, où les rancœurs privées servent un dessein politique, où un homme, au demeurant condamnable, est exécuté pour un crime qu’il n’a pas commis.

Théâtre, politique et passion amoureuse – thèmes récurrents chez Hugo – s’imbriquent dans ce drame qu’il a rêvé comme un modèle du genre. Écrite trois ans seulement après les Trois Glorieuses (révolution de juin 1830), Marie Tudor ne met pas en scène le soulèvement théâtral d’un peuple contre le despotisme, mais, sur fond d’émeutes et d’exécutions arbitraires, une révolte populaire en coulisse, rythmées par le son de la cloche, les passions d’une femme qui est aussi la reine.

Un parti pris scénique résolument moderne

Dans cette mise en scène, le groupe LA gALERIE a choisi de raconter Marie Tudor dans un espace littéral, sans artifice. Sur scène, un décor constitué principalement du matériel technique et des objets sortis tout droit de notre quotidien manufacturé. Les matériaux sont choisis et exploités pour leurs propriétés plastiques. La mise en jeu de ces quelques éléments scénographiques, associée à la lumière, permet aux images d’advenir et sont des tremplins à la fiction. Les volumes, objets et matières servent d’obstacles aussi bien que d’appuis concrets aux corps des comédiens.

 

Avec André Antébi, Sébastien Chassagne, Thomas Favre, Maëva Husband, Élise Marie, et Adrienne Winling
création collective dirigée par Céline Champinot scénographie Émilie Roy
son Samuel Favart Mikcha lumière Claire Gondrexon
coproduction Théâtre de Bourg en Bresse (EPCC) et le Centre culturel Louis-Aragon (Oyonnax) / avec l’aide de la DRAC Rhône-Alpes, de la région Rhône-Alpes et du Conseil général de l’Ain / avec le soutien à la Jeune création du Théâtre 95 et du Moulin de l’Etang de Billon (63)

Marie Tudor – GROUPE LA gALERIE – Teaser from Céline Champinot on Vimeo.

 

Avant propos

En 1827, Victor Hugo entreprend la composition de Cromwell, œuvre dont la préface est un véritable manifeste du drame romantique ; six ans plus tard, des notes conservées sur le XVIe siècle anglais nourriront son nouveau projet, Marie Tudor, un drame sur Marie Ire d’Angleterre dite Marie la Sanglante…

Il y a deux manières de passionner la foule au théâtre: par le grand et par le vrai. Le grand prend les masses, le vrai saisit l’individu. […] L’écueil du vrai, c’est le petit, l’écueil du grand, c’est le faux. […] Le drame selon le dix-neuvième siècle, ce n’est pas la tragi-comédie hautaine, démesurée, espagnole et sublime de Corneille; ce n’est pas la tragédie abstraite, amoureuse, idéale et divinement élégiaque de Racine; ce n’est pas la comédie profonde, sagace, pénétrante, mais trop impitoyablement ironique, de Molière ; ce n’est pas la tragédie à intention philosophique de Voltaire ; ce n’est pas la comédie à action révolutionnaire de Beaumarchais; ce n’est pas plus que tout cela, mais c’est tout cela à la fois ; ou, pour mieux dire, ce n’est rien de tout cela. Ce n’est pas, comme chez ces grands hommes, un seul côté des choses systématiquement et perpétuel- lement mis en lumière, c’est tout regardé à la fois sous toutes les faces.

Groupe LA gALERIE

Nous.
Nous croyons à une histoire, celle de l’instant qui rassemble acteurs et spectateurs dans un espace unique
Un humain qui parle à un autre humain Tout part de là Pour nous 1+1+1+1+1 etc. c’est toujours mieux que 1 (même quand c’est raté)
Nous croyons que la manifestation artistique n’est que la partie visible d’un pro- cessus plus global
Nous aimons voir émerger du collectif, de ses frictions, de son fatras, l’œuvre inattendue que nous n’imaginions pas
Chacun d’entre nous sera garant de cette machination collective
Nous sommes un groupe