Théâtre 95

DSC_0991 - Version 2

La Vie Extérieure

D’APRÈS ANNIE ERNAUX
ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE DE HUGUES DEMORGE 

jeudi 20 novembre à 20h30 

Durée : 1h

Après le succès rencontré en janvier dernier, nous avons voulu programmer une représentation supplémentaire de ce beau spectacle, en marge du colloque sur Annie Ernaux organisé par l’université de Cergy-Pontoise. 

Au fond de la scène, un mur blanc sur lequel, par intervalles,  un tagueur masqué vient en courant tracer des mots de rage ou d’amour et s’enfuit. Sur le plateau un caddie d’hypermarché et une femme. S’il ne devait y avoir qu’un seul objet pour signifier l’époque, ce serait celui-là, ce caddie que, de façon étourdissante,  la femme, l’actrice Corianne  Mardirossian, empoigne, pousse, délaisse, reprend, où elle se love, tandis que son corps, sa voix, rêveuse ou violente,  font surgir une foule de gens. Ceux que l’on croise dans les travées de Leclerc ou Auchan, dans le RER, sur les quais du métro, les parkings, dans tous les espaces modernes de la vie collective. C’est moins un monologue qu’une polyphonie. Moins une succession de scènes et de situations  qu’une suite d’effractions dans la quotidienneté, l’ordinaire des trajets et des courses.

« Je suis traversée par les autres comme une putain », cette sensation que j’éprouve,  qui m’a fait écrire Journal du dehors  et La vie extérieure, est comme portée à chaque moment du spectacle par la comédienne, diffractée jusqu’au paroxysme dans la pureté de la mise en scène d’Hugues Demorge.
Annie Ernaux

 

Avec Corianne Mardirossian
Production L’Excès inverse, avec le soutien du Théâtre 95

 

Colloque Annie Ernaux

Organisé par l’université de Cergy-Pontoise
Mercredi 19 et jeudi 20 novembre 2014

Renseignements et programme au CRTF 01 34 25 60 89


Découvrez notamment lors de ce colloque :

Au fil des mots
Adaptation théâtrale des Années d’Annie Ernaux (2008, Gallimard) par les étudiants de l’association Zon’Art
Mercredi 19 novembre à 18h00 et 20h30 au Théâtre 95
Zon’Art est une association théâtrale de l’UCP

 

En savoir plus

Quand je suis arrivée à Cergy, j’ai eu le désir d’écrire sur ce que ça signifiait de vivre ici, dans cette « ville nouvelle » de la région parisienne, moi qui avais toujours vécu en province. Je me suis mise à tenir un journal dans lequel je consignais les choses vues, entendues dans les lieux que je fréquentais habituellement, ces lieux où l’on croise les gens, le centre commercial des Trois-Fontaines, les supermarchés, la gare RER, les transports en commun. Une sorte de journal extérieur pour fixer des mots tagués sur les murs, des scènes fugitives, des conversations, ces multiples fragments d’existence saisis aux caisses de Leclerc et d’Auchan, chez le coiffeur, dans les couloirs du métro. (…) Donner à voir ce que tout le monde voit sans voir, sans vouloir voir, car, comme le dit Heidegger «le chemin des choses proches pour nous autres hommes est de tout temps le plus long et le plus difficile ». Et sans doute le plus politique. Aujourd’hui, dans la pureté de sa mise en scène, Hugues Demorge offre à ces choses proches un surcroît d’existence et d’interpellation. Par cette présence absolue qu’est le théâtre, il confère un accès direct, troublant, à notre vie et à la vie des autres.

Annie Ernaux

Annie Ernaux

Née dans une famille de petits-commerçants, elle reste marquée par le clivage entre son milieu d’origine et celui auquel elle accède grâce à ses études. Située « quelque part entre la littérature, la sociologie et l’histoire», son œuvre complexe s’impose comme novatrice voire transgressive, tant sur le fond – la trahison sociale, le sexe, la maladie, la mort – que sur la forme, jusqu’à inventer une sorte d’autobiographie impersonnelle et collective, Les Années, parue en 2008. Elle a publié en mars 2014 au Seuil le journal de ses visites pendant un an à l’hypermarché des Trois-Fontaines, sous le titre Regarde les lumières mon amour.