Théâtre 95

hiver

Hiver

de Jon Fosse
mise en scène d’Émilie Anna Maillet 

jeudi 10 avril à 19h
Une rencontre avec l’équipe artistique aura lieu à l’issue de la représentation

 

Un homme et une femme. Un banc public puis une chambre d’hôtel. Se connaissent-ils ? Une rencontre, un vacillement, une lente disparition… Qui sont-ils ? Sont-ils bien réels ? C’est l’histoire de la rencontre d’un homme et d’une femme aux vies presque opposées. Deux êtres qui se trouvent, peut-être pour mieux se perdre, peut- être pour simplement se sentir vivants. Ils sont dans un de ces temps d’arrêts, de vide où les actes paraissent inconséquents. Jon Fosse parle de nos glissements hors du monde, de nos disparitions du réel. Ce sont des sensations de vertiges, de confusion, de doute sur notre matière même et notre réalité qui conduisent la mise en scène vers la « magie nouvelle », les hologrammes. Les spectateurs, pris dans une démultiplication des images et des illusions d’optique, nagent au travers des sensations des personnages entre fantasmes et fantômes. Pour transcrire la dimension au-delà du réel dans laquelle s’engouffre le couple, Émilie Anna Maillet crée un croisement subtil des langages: les mots et la magie nouvelle confondent peu à peu la réalité et l’illusion dans une insolite danse se jouant de nos perceptions et de notre imaginaire. Hiver devient une poésie des sens, étrangement drôle, conçue en complicité avec Raphaël Navarro, co-auteur du Manifeste pour une magie nouvelle (2010).

La magie nouvelle permet de rendre visible l’invisible, d’animer l’inanimé, de matérialiser ou suggérer l’irréel, de créer le doute, de travailler sur notre identité et notre perception, de dépasser le domaine visuel pour s’adresser aux autres sens. C’est aussi l’une des rares techniques qui ne soit pas incarnée au départ: elle peut prendre n’importe quelle forme tant qu’elle arrive, dans le réel, à incarner ce qui n’existe pas. Les personnages se trouvent immergés dans des images fantomatiques, entourés d’hologrammes, pris en étau dans une réalité modifiée provoquant des sensations de confusion du réel, de troubles optiques. Une disparition des repères d’espace, du temps, des corps, de la réalité, qui pose la question de l’existence de notre matière même, de manière physique. C’est une réalité modifiée et en doute permanent que j’ai souhaité installer.

Le trouble de la perception est un principe créateur.

 

 

Mise en scène Emilie Anna Maillet
Magie Nouvelle  Raphael Navaro 

Avec Violaine de Carné / Airy Routier 

Vidéo Maxime Lethelier
Création lumière Laurent Beucher
Création sonore Clement Fabre
Assistante / régie plateau  Clotilde Evrard

production Compagnie Ex Voto, À La Lune, Résidence de création à la Ferme du Buisson-Scène nationale de Marne-la-Vallée / avec le soutien du Centquatre Paris

Hiver est publié en français par L’Arche Éditeur 

 

 

Presse

AVT_Telerama_6680Des trouvailles judicieuses cor- respondant bien à l’écriture minimaliste du dramaturge qui joue des blancs, des silences et livre des bribes de vie saisies dans un univers fantômatique. Claude Régy, Patrice Chéreau ont porté à la scène avec bon- heur cet auteur énigmatique, mais les inventions de la jeune Compagnie Ex Voto sont ici particulièrement réussies.

Sylviane Bernard Gresh,Télérama