Théâtre 95

visuel paysage

En héritage

TEXTE ET MISE EN SCENE JOËL DRAGUTIN
ASSISTANT  À  LA  MISE  EN  SCÈNE  JEAN-BAPTISTE  DELCOURT

jeudi 4, vendredi 5 et samedi 6 février à 20h30
dimanche 7 février à 16h
mardi 9, mercredi 10, jeudi 11, vendredi 12 et samedi 13 février à 20h30
dimanche 14 février à 16h
mardi 16, mercredi 17, jeudi 18 et vendredi 19 février à 20h30

Nous sommes en 2018, quatre jeunes gens se retrouvent…(deux jeunes femmes et deux jeunes hommes) Ils ont à peine plus d’un siècle à eux quatre. Devant eux, les chemins incertains de leurs vies se dessinent : vie professionnelle, affective ou conjugale, leur vie d’adulte en somme…

AVEC  :
Nacima Bekhtaoui
Zoé  Schellenberg
Nicolas Schmitt
Manuel Severi

CONSEILLERS  À  LA  DRAMATURGIE  :
Valérie Battaglia
Géraud Bénech
Quentin Le Fèvre

SCÉNOGRAPHIE  :
Michel Jaouen

CRÉATION  LUMIÈRES  :
Nicolas Simonin

CRÉATION  SON  :
Marianne Pierré
Thierry Arnold

COSTUMES  :
Stefan Früh

REGIE  GENERALE :
Franck Barton

STAGIAIRE ASSISTANT A LA MISE EN SCÈNE :
Simon-Elie Galibert

JTNAvec la participation artistique du JTN

 

 

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Avec la participation artistique de l’ENSATT

 

 

logo-estba  Avec le soutien du Fonds d’insertion de l’ESTBA financé par le Conseil régional d’Aquitaine

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Capture d’écran 2015-12-22 à 11.32.26  La SPEDIDAM est une société de perception et de distribution qui gère les droits des artistes interprètes en matière d’enregistrement, de diffusion et de réutilisation des prestations enregistrées

 

 

 

En savoir plus

Neuf mois – le temps d’une gestation – pendant lesquels Robin, Nassira, Jonas et Alice, quatre jeunes gens (et un enfant à venir) se retrouvent à intervalles réguliers à l’occasion de réunions informelles et amicales. Autant d’occasions d’interroger leurs trajectoires respectives et les choix cruciaux qui s’imposent à chacun d’eux. Les problématiques auxquelles ils sont confrontés sont au cœur des préoccupations de nos sociétés occidentales saisies par le doute.

Que laisserons-nous en héritage ? Quelle société ? Quelle planète? Quel« humain » ?

Sommes-nous encore animés par le désir de nous inscrire dans la chaîne des générations, par l’envie de transmettre à nos descendants un monde dominé par le tout-économique, la course folle vers le progrès technologique, l’urbanisation galopante et l’hyper-connexion ? Que sommes-nous prêts à abandonner ou à préserver pour continuer à aller de l’avant ?

Entre peur et enthousiasme, ces interrogations, telles des lignes de force, traversent cette nouvelle tragi-comédie écrite et mise en scène par Joël Dragutin et lui confèrent une portée socio- philosophique.

 

Interview de Joël Dragutin

Ta nouvelle création « En héritage » interroge entre autres les évolutions et dérives possibles de la technologie et des sciences : un sujet plutôt rarement abordé au théâtre. À ton avis pourquoi ?

C’est une question complexe et je ne peux proposer que des hypothèses. C’est vrai, on peut s’étonner que les auteurs de théâtre, comme les metteurs en scène, n’explorent que très rarement notre devenir, en particulier dans sa dimension technologique, alors qu’il s’agit d’un des enjeux majeurs auquel le monde entier aujourd’hui est confronté. Comment expliquer aussi que ce qui constitue depuis longtemps un genre littéraire et cinématographique reconnu, l’anticipation, trouve aussi peu d’écho dans les arts de la scène. Je pense que le théâtre est resté longtemps un art de la tradition, que ce soit dans sa volonté de représenter le monde selon des archétypes ou dans ses modes opératoires. Tout ce qui peut aujourd’hui « l’habiller » techniquement – son, machinerie, vidéo – ne peut faire oublier qu’il procède essentiellement d’une parole portée par de l’humain. Or la dimension technologique que nous associons tout naturellement à l’anticipation est difficilement transposable au théâtre. Il y aurait en quelque sorte un télescopage entre ce cadre artisanal et les attentes du spectateur dont l’œil est aujourd’hui formaté par des images et des sons produits par les technologies numériques.

Mon propos n’est pas de montrer la technologie mais plutôt ses effets sur nos comportements. D’autre part, il ne s’agit pas à proprement parler d’anticipation mais plutôt ce futur proche déjà profondément inscrit dans notre présent. Mes quatre personnages vivent en 2018 et sont des jeunes hommes et des jeunes femmes d’aujourd’hui. Ils évoquent leur présent et ce que sera leur avenir, celui de leurs enfants. 

Quel regard portes-tu sur ces avancées technologiques ? Et plus largement, qu’en est-il de la notion de progrès selon toi ?

Le fait que les plus grands groupes mondiaux (GAFA : Google – Amazon – Facebook – Apple) investissent massivement dans la recherche de pointe sur les nanotechnologies ou la nanochirurgie et surtout sur l’intelligence artificielle et l’antivieillissement le recul de la mort voire sa disparition, devrait nous alerter. Le libéralisme, qui se repaît de nos fantasmes et de nos peurs, a compris qu’il y avait là une inépuisable matière à profit. Dans le même temps, les investissements dans la santé publique régressent partout.

Mais ce n’est pas tout. Cette mutation culturelle, qui voit reculer les valeurs de l’humanisme et les libertés individuelles sous les coups de boutoir du progrès scientifique et technologique, pourrait se doubler d’une mutation anthropologique profonde et peut-être irréversible. Ce qu’annonçait déjà le philosophe Michel Foucault il y a plus de trente ans. Lorsque nos capacités de connaissance et de raisonnement ne seront plus externes (comme elles le sont encore avec les différents objets connectés qui nous servent de prothèses au quotidien) mais implantées à l’intérieur de nos corps décuplant nos capacités, nous seront déjà bel et bien face à cet « homme nouveau » que certains appellent de leurs vœux et que beaucoup considèrent comme notre futur inéluctable. Or aujourd’hui nous manquons d’outils éthiques ou philosophiques pour répondre et éventuellement résister à de telles avancées. Le progrès scientifique et technologique connaît un accroissement tel que nous ne parvenons plus à penser sa place et avant lui.

Ce progrès, autrefois porteur d’espérance et de justice sociale, serait-il devenu une puissance anxiogène au service du profit de quelques uns, plus destructrice de nos écosystèmes et de notre tissu social, qu’un facteur de réelle évolution de l’humanité ? Quelle alternative pour nous, pour nos enfants ? Comment envisager cette évolution ? Faut-il l’accompagner et s’adapter comme on l’a toujours fait ? Faut-il la refuser, au risque d’être dépassé et laissé pour compte ? Peut-on la contrôler et la rendre éthiquement compatible ? C’est à ces questions complexes que j’essaie de me confronter.

 

A qui ta pièce s’adresse t-elle en priorité ?

Mon regard et mes interrogations sur ces mutations à l’oeuvre dans notre présent s’adressent à tous, bien entendu, mais tout particulièrement à la jeune génération qui connaîtra les développements exponentiels de cette dynamique. Les « vingtenaires » d’aujourd’hui vivront-ils la même humanité que nous ? Qu’en sera-t-il des enfants qu’ils mettront au monde. Connaîtront-ils la catastrophe écologique annoncée ? Comment vivront-ils cette transparence absolue que nous promet un futur hyper connecté ? Le progrès technologique sera-t-il pour eux le problème ou bien la solution ? Aujourd’hui ces enjeux font débat dans la société et il me semble naturel que le théâtre s’en empare.

 

Tu dis volontiers que cette pièce est un conte. Pourquoi recourir à cette forme spécifique s’agissant d’un tel sujet ?

Parce dans ce domaine qu’il n’y a pas de certitudes. Je ne tiens pas à faire un spectacle didactique, qu’il s’agisse d’une apologie ou d’une condamnation de la modernité. La forme du conte permet semble t’il d’ouvrir la réflexion et d’aborder ce sujet grave avec légèreté et même  humour, même si cet humour peut être grinçant parfois. Disons qu’il s’agirait d’un conte philosophique dans une forme théâtrale.

 

Tu as dis aussi que par sa forme, ta pièce emprunterait plus au cinéma, qu’au théâtre bien qu’il ne soit question ici ni de caméra, ni de projection. Peux-tu nous éclairer sur cette parenté ?

Je pense qu’on ne peut faire du théâtre d’aujourd’hui sans prendre en compte les moyens d’expression artistique de notre époque. Il est clair que notre perception du monde est conditionnée par une dimension audio visuelle omniprésente, et en tant qu’auteur je ne fais pas exception à la règle. J’utilise ici un découpage espace-temps plus proche du cinéma  que des formes théâtrales traditionnelles. Je n’imagine pas parler de demain avec les moyens d’hier. Le langage artistique de notre époque est saturé d’images, de sons,  rythme, de montage, de points de vue alternés.  J’essaie simplement de faire le théâtre de mon temps pour des spectateurs d’aujourd’hui. Dans mes précédentes pièces il y avait déjà une influence du cinéma en termes de découpage, je vise aussi cet effet de proximité que peut produire le cinéma.

Au fil de tes créations, tu n’as jamais cessé d’interroger notre rapport au langage. Une réflexion tout autant sociologique qu’esthétique. Qu’en est-il de cette prochaine création ?

Les personnages de la pièce appartiennent à cette génération née dans les années 90 et qui hérite d’un monde dans lequel les mots, comme les relations, sont gagnés par la pollution, englués, contaminés par la communication. Il ne reste plus que des « éléments de langages » incantatoires,  des impératifs publicitaires, des stratégies de « com », des mantras politiques auxquels on finit par ne plus prêter attention. Il semble que les jeunes générations, déjà, ont intégré ce divorce entre langage et le réel. Ils ont appris à se méfier de toute forme de discours, à « laisser causer » cette bande sonore qui défile en permanence et qui a de moins en moins de prise sur eux. Leurs propres paroles d’ailleurs ne les engagent pas plus. Le cinéma lui-même, après un dernier sursaut « bavard » (Arnaud Desplechin) a fini par intégrer cette perte du langage (voir ce dernier « Adieu au langage » de Jean Luc Godard). Il m’est impossible de faire parler les personnages d’aujourd’hui (et a fortiori de demain) comme ceux de mes premières créations. Il faut jouer avec les trous dans la langue, avec ces silences et ces prostrations qui racontent aussi un certain désenchantement.

Présentation des comédiens

Zoé SCHELLENBERG /ALICE

Zoé Schellenberg entre au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD) en 2009. Après sa première année, elle part à Londres pour une année d’échange avec la London Academy of Music and Dramatic Arts (LAMDA) dont elle obtient le diplôme, puis, lauréate du Prix d’études d’art dramatique du Pour-cent culturelle Migros, termine avec succès sa dernière année de conservatoire à Paris. C’est la première fois qu’elle travaille avec Joël Dragutin. Auparavant on aura pu la voir dans des mises en scène d’Éric Vigner, de Thierry de Peretti de Michel Deutsch ainsi qu’aux côtés de Valeria Bruni Tedeschi, et Bruno Todeschini. Pour la camera, elle joue sous la direction d’Yvan Attal, de J.M. Barr et de Thomas Imbach. Elle prête également sa voix au personnage d’Alina dans Au delà des collines de Cristian Mungiu ainsi qu’à des émissions radiophoniques de France Culture.

Manuel SEVERI / ROBIN

En 2010, il intègre l’Ecole Supérieure de Théâtre de Bordeaux en Aquitaine (ESTBA). Il fonde en 2012 avec quatre autres comédiens le collectif les bâtards dorés avec lequel ils créeront, Princes, une adaptation librement inspirée de l’Idiot de Dostoïesvski. Leur prochaine création, encore en travail, s’intitulera Méduse. On le retrouve également dans La bibliothèque des livres vivants mise en scène par Frédéric Maragnani, projet dans lequel il interprète le livre Mrs Dalloway de Virginia Woolf. Au théâtre encore, il a joué dans la création de Bernard Sobel, La fameuse tragédie du juif de Malte, jouée à l’épée de bois en Novembre 2015. Au cinéma, il est talent Cannes Adami 2014 dans le court métrage Où elle est maman ? réalisé par Olivia Ruiz, présenté au festival de Cannes. On le retrouvera en 2016 dans War and Peace, série anglaise réalisé par Tom Harper et dans le prochain film de Thea Sharrock intitulé Me before you.

Nacima BEKHTAOUI / NASSIRA

Nacima Bekhtaoui commence le théâtre au Cours Florent et intègre la Classe libre en 2010 (promotion XXXI). Elle entre ensuite au Conservatoire Supérieur D’art Dramatique en 2011 (promotion 2015) où elle travaille sous la direction de Michel Fau, Nada Strancar, Sandy Ouvrier, Sophie Loukachevsky, Fausto Paravidino, Bernard Sobel, Yvo Mentens… Elle monte en 2010 La cantate à Trois voix de Paul Claudel et crée … en 2013 dans le cadre des cartes blanches du CNSAD. Elle travaille au théâtre sous la direction de N. Boudjenah, pensionnaire à la Comédie Française, sur Le soleil à rendez vous avec la lune et de N. El Fassi dans Andromaque m’a tué, une adaptation de la pièce de J. Racine au théâtre de l’étoile du nord. Elle met également en scène une création intitulée Batailles au CNSAD en 2013.

Nicolas SCHMITT / JONAS

Nicolas SCHMITT a été formé à l’ENSATT, au conservatoire du 8ème avec Marc Ernotte et à l’Atelier Premier acte avec Francine Walter. Il y a joué sous la direction d’Alain Françon dans Trilogie du revoir de B. Straus, Procession mis en scène par Anne-Laure Liégeois, Nuits, une création hybride entre danse, théâtre et cabaret orchestrée par Daniel Larrieu. Il a aussi travaillé un seul en scène à partir de textes de P. Desproges. En 2015, il a travaillé avec Simone Audemars sur Le supplément au voyage de Bougainville de Diderot, il a joué Eigengrau de P. Skinner au Festival Péril jeune, mis en scène par Zoé Lemonnier, avec qui, il avait déjà travaillé dans La chambre des souvenirs d’A.Saoli au Théâtre Darius Milhaud. Auparavant il a joué dans Hécube d’Euripide mis en scène par Laure Petit au réfectoire des Cordeliers, dans Les aventures de villégiature de C. Goldoni, dirigé par Francine Walter au Théâtre de Poche Montparnasse

L'auteur et la presse

 

LOGO_PARISCOPE« (…) une écriture « vivifiante et libertaire », sans « mélasse esthétique et idéologique (…) »

Marie-Céline Nivière

 

  AVT_Telerama_6680« (…) Joël Dragutin poursuit son observation de la société de notre temps et croque délicieusement un monde dans lequel chacun peut se reconnaître. Entre les répliques qui font mouche perce une solitude minant tous les personnages. (…) L’écriture a du charme (…) »

Sylviane Bernard-Gresch

  

  Logo_L'Express.svg« (…) Dragutin met le langage en l’air avec une virtuosité ébouriffante. (…) »

 

Logo_La_Terrasse.pdf « (…) (Joël Dragutin) s’inscrit dans la grande tradition d’un théâtre d’aujourd’hui, nécessaire et fort, qui nous aide à rester proches des murmures de la vie. »

Valérie Librati

 

France-inter  « (…) Une musique des mots extraordinaire, un superbe détournement du langage. (…) »

José Artur

 

Le_Journal_du_Dimanche_logo.jpegLe Journal du Dimanche

« (…) Drôle, acide, caustique (…) suscitant à tout moment la réflexion la plus bénéfique. »

 

charlie_hebdo_logo « (…) On est embarqué dans le tourbillon des mots, des histoires individuelles et on n’a pas le temps de s’ennuyer… »