Théâtre 95

Combat-de-negre-

COMBAT DE NÈGRE ET DE CHIENS

THÉÂTRE

DE BERNARD-MARIE KOLTÈS
MISE EN SCÈNE LAURENT VACHER
COMPAGNIE DU BREDIN


JEUDI 12 OCTOBRE > 20H30
VENDREDI 13 OCTOBRE > 20H30
SAMEDI 14 OCTOBRE > 20H30

2H40 durée
Salle Visconti

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«Classiques contemporains», au programme des classes théâtre comme de l’agrégation, les pièces de Bernard-Marie Koltès ne cessent d’être mises en scène depuis sa mort en 1989.
Sa faculté à saisir l’essentiel d’une époque, «le chaos du monde, de notre humanité» pour reprendre les termes de Laurent Vacher, justifie probablement l’engouement qu’il suscite encore et toujours… Son théâtre met à nu les mécanismes qui règlent et dérèglent la condition humaine: désir, violence, révolte, oppression… C’est donc là, quelque part en Afrique sur ce chantier inachevé, que les quatre protagonistes vont se livrer combat : combat de mots aussi, avec toute l’impétuosité de la langue de Koltès.

Quelque part en Afrique. L’arrêt d’un chantier. Un pont qui restera inachevé. Des gardiens sur des miradors, une porte qui claque, un coup de feu, un chien qui aboie, un camion qui roule trop vite, un geste maladroit, une parole qui blesse, un ouvrier mort. Combat de nègre et de chiens évoque le chaos du monde, le chaos de notre humanité.
Quatre personnages, quatre vies piégées dans un enclos. Épiés par des gardiens invisibles, ils murmurent des sons étranges, des paroles inaudibles, tissant des frontières les protégeant de l’extérieur et, dans le même temps, les empêchant de s’échapper. La pièce de Koltès fait écho à la fascination de Laurent Vacher pour les westerns. Combat de nègre et de chiens est un miroir de notre époque, de notre début de siècle, confus, en manque de repères. Trop souvent violent. Dans ce trouble, l’exaltation du texte de Bernard- Marie Koltès s’impose à nous comme une urgence. Il fait surgir de l’obscurité nos personnalités troubles, nos lâchetés, nos égoïsmes…


DISTRIBUTION

avec Quentin Baillot, Daniel Delabesse, Stéphanie Schwartzbrod, Dorcy Rugamba
collaboration à la mise en scène Adèle Chaniolleau, scénographie Jean-Baptiste Bellon, création sonore Michel Schaller et Théau Voisin, création lumière Victor Egéa, costumes Marie Odin, maquillages Catherine Saint-Sever, régisseur général Olivier Fauvel
administration et production Véronique Felenbok, Relations presse et extérieures Olivier Saksik
production Compagnie du Bredin, coproduction Château rouge/Scène conventionnée (Annemasse), Théâtre Ici et là (Mancieulles), avec le soutien de l’Adami
La Compagnie du Bredin est soutenue par le ministère de la Culture et de la Communication/ Drac de la région Grand-Est et le conseil régional du Grand-Est.

BERNARD-MARIE KOLTES, L’AUTEUR

Bernard-Marie Koltès est né dans une famille bourgeoise de Metz. Fils de militaire de carrière, il voit très peu son père durant son enfance. Supportant mal l’éloignement de sa famille, il vit difficilement sa scolarité au collège en pensionnat. Il effectue son premier voyage au Canada à 18 ans, voyage qui le marqua profondément.
Il s’initie à la musique de Johann Sebastian Bach avec l’organiste Louis Thiry. Il voit, à l’âge de vingt ans, Maria Casarès dans Médée. Désirant devenir acteur, il passe le concours d’entrée du Théâtre national de Strasbourg (TNS ) mais il n’est pas admis. Il envoie sa pièce Les Amertumes, écrite d’après Gorki, à Hubert Gignoux, alors directeur du TNS , qui impressionné par le talent de Koltès, lui propose d’intégrer l’école; il y entre en section régie, mais fonde très vite sa propre compagnie pour laquelle il commence à écrire et à mettre en scène ses pièces : le « Théâtre du Quai ».
En 1970, il écrit L’Héritage que Maria Casarès lit pour la radio. Ses premières pièces, expérimentales, ne connaissent pas le succès et Koltès les reniera lorsqu’il évoluera vers un style plus narratif à la fin des années 1970, notamment à partir de Combat de nègre et de chiens. Entre un passage au Parti communiste français (1975-1978), de nombreux voyages en Amérique latine, en Afrique et à New York, Koltès crée de nombreuses pièces, comme le long monologue écrit pour Yves Ferry, La Nuit juste avant les forêts, qui est monté en OFF au Festival d’Avignon en 1977 par l’auteur, puis, à sa demande, par Moni Grégo au CDN de Lille. Son théâtre, en rupture avec celui de la génération précédente, met en scène la perpétuelle tentative de communication entre les hommes. Koltès a conçu le personnage de Roberto Zucco à partir de l’histoire réelle du tueur Roberto Succo. Au début des années 1980, il rencontre Patrice Chéreau, qui devient son metteur en scène. Mais l’écrivain, malade, meurt en 1989 suite à des complications liées au SIDA . Bernard-Marie Koltès, dont les textes sont traduits dans une trentaine de langues, est un des dramaturges français les plus joués dans le monde. Avec Retour au désert, il entre au répertoire de la Comédie-Française, dans une mise en scène de Muriel Mayette-Holtz.
En février 2015, les manuscrits et les archives personnelles de Bernard-Marie Koltès sont données au département des Arts du spectacle de la Bibliothèque nationale de France par son frère François Koltès.

LAURENT VACHER, METTEUR EN SCÈNE

Après des débuts laborieux dans la mécanique, le commerce des produits maraîcher, coursier, militaire, surveillant de sieste, tueur, manutentionnaire, réparateur de dériveur, producteur etc…
Laurent Vacher prend des cours de théâtre à l’école Jacques Lecoq puis chez Andréas Voutsinas. Il joue dans plus d’une vingtaine de spectacles, puis petit à petit se lance dans la mise en scène et créé sa compagnie : La compagnie du Bredin en 1998 avec la création Les Oranges d’Aziz Chouaki. En plus de son activité en France, Laurent Vacher met régulièrement en scène des spectacles à l’étranger : Tchad, Paraguay, Mauritanie, Mali… Dernièrement, il créé Lost in supermarket, une comédie musicale sociale d’après le texte de Philippe Malone (présenté à la Manufacture en 2013), Tranchées spectacle avec des amateurs des villes de Chaumont et de Mancieulles et trois interprètes professionnels (2014) et En attendant Godot de Samuel Beckett créé en octobre 2014 au Théâtre Poche de Genève.

LA PRESSE EN PARLE

« Un chaos et un délitement que reflète avec acuité cette pièce (…) et que Laurent Vacher met en scène au plus près de la langue, en évitant toute lecture facile et réductrice, pour au contraire souligner les failles, les contradictions et l’humanité fragile de chacun des personnages du quatuor. » Agnès Santi, La Terrasse

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